Malgré son grand potentiel thérapeutique, certaines critiques de fond doivent être adressées à l’EMDR. Cet article traite de l’une d’elles : la suggestion d’un souvenir source associée au risque de faux-souvenir.

Introduction

Je mets cet article à jour suite à un débat récent sur LinkedIn où j’ai été interpellé par la déresponsabilisation et la banalisation de certains psychologues cliniciens thérapeutes face à des pratiques en EMDR (ou d’autres thérapies) pouvant entraîner des faux-souvenirs.  Cela est cohérent avec les chiffres rapportés dans la littérature sur le succès des techniques de récupération de souvenir. Comme le dit Van Gijseghem (2016), On rapportait entre 65 et 75 % des cliniciens croyant en l’utilité des techniques de recouvrement des présumés souvenirs et en leurs bienfaits subséquents (Poole, 1985 ; Legault et Laurence, 2007 ). Pour citer des données plus récentes rassemblées par Otgaar & Houben (2026) : “Par exemple, la moitié des thérapeutes cognitivo-comportementaux italiens interrogés (n = 98) ont déclaré parler des souvenirs traumatiques inconscients avec leurs clients. En outre, environ un tiers (n = 82) des psychothérapeutes allemands interrogés ont déclaré avoir utilisé au moins une fois des techniques thérapeutiques pour récupérer des souvenirs traumatiques présumés.”

Otgaar et al. (2019) rapportent également que :«  Patihis et Pendergrast (2019) ont interrogé 2 326 citoyens américains sur la récupération de la mémoire en psychothérapie. Neuf pour cent (n = 217) des personnes interrogées ont déclaré que leur thérapeute avait évoqué la possibilité qu’elles (les clients) aient refoulé des souvenirs d’abus subis pendant leur enfance. De plus, ces participants étaient 20 fois plus susceptibles de déclarer avoir récupéré des souvenirs d’abus pendant la thérapie (dont ils n’avaient pas conscience avant la thérapie) que les participants dont les thérapeutes n’avaient pas évoqué la possibilité de souvenirs refoulés. »
L’EMDR apparaît régulièrement comme une technique davantage à risque de faux-souvenirs, mais elles n’est pas la seule (Otgaar et al., 2019).

Bien entendu, les suggestions explicites et répétées  de la part du thérapeute sont dangereuses et inacceptables. Elles ont d’ailleurs déjà conduites  certains psychologues  à être condamnés (Otgaar et al., 2022).) Mais nous allons montrer que même sans suggestion du thérapeute, la procédure EMDR enseignée dans la lignée puriste de Shapiro est une méthode de récupération de souvenir plus susceptible de générer des faux-souvenirs qu’une méthode classique.

Qu'est-ce que c'est qu'un faux-souvenir?

On sait aussi que les personnes avec un TSPT sont sujettes aux faux-souvenirs (Otgaar et al., 2017 ; Strange & Takarangi, 2015). Les faux-souvenirs sont des reconstructions mentales d’événements qui ne se sont pas produits ou qui se sont produits différemment de la réalité du souvenir (Gleaves et al., 2006). Une distorsion mnésique des événements ou un faux souvenir peut apparaître lorsque la thérapie vise à ce que le patient se souvienne de certains éléments du trauma dont il ne se souvient pas spontanément. On ne sait a priori pas les distinguer des vrais souvenirs sur base de leur contenu ou de leur qualité (McNally, 2004; Murray & El-Leithy, 2022).

Comme le disent Otgaar et al. (2017, p.1050): « Les faux souvenirs peuvent être induits par une pression suggestive, ce que nous appellerons les faux souvenirs induits par suggestion. D’autre part, les faux souvenirs peuvent survenir spontanément, sans aucune pression extérieure, principalement en raison du fonctionnement automatique et non conscient des mécanismes internes de la mémoire(…). Ce dernier type de faux souvenirs a été appelé faux souvenirs spontanés. »

remember

 

Le ciblage de l’événement dans l’EMDR de Shapiro: un modèle de souvenir refoulé

Un point important nous semble devoir être porté à l’attention des praticiens et du grand public : l’EMDR opère de façon différente que la CPT, l’EP, la TC et la NET pour effectuer un index traumatique, puis cibler l’événement traumatique sur et à partir duquel travailler prioritairement. En effet, le praticien de l’EMDR va partir d’une cognition négative liée à l’image la plus perturbante de l’événement traumatique, pour ensuite lister les événements passés durant lesquels le patient a eu cette même pensée négative. Son objectif va être de remonter jusqu’au souvenir le plus ancien associé à cette pensée (voir figure 8.1).

Cette démarche s’inscrit dans les conceptions propres à Shapiro comme en témoigne l’extrait suivant (2007, p. 131) : « Alors que les victimes de TSPT ayant pour origine un seul événement peuvent être traitées avec l’EMDR en ciblant le souvenir traumatique, la plupart des patients auront besoin d’un traitement plus complet. Il devrait comprendre le ciblage séquentiel de ses expériences précoces cruciales de référence… »

Illustrons cependant à quel point le protocole est conçu pour que le psycho thérapeute trouve un souvenir ancien en lien avec l’image la plus perturbante de l’événement traumatique de départ, même s’il s’agit d’un trauma simple (Cornil, 2015) :

➙pour cibler ces événements, le praticien va d’abord demander au patient d’identifier les événements passés où il a eu la même cognition négative. Et afin de cibler le souvenir originel, le thérapeute va donc demander au patient quand il pense avoir eu pour la première fois ces pensées négatives ;

➙si le patient ne parvient pas à identifier un souvenir passé, le praticien est tenu d’insister en demandant au patient de se concentrer sur les sensations liées à l’image puis de laisser son esprit flotter vers le passé à la recherche du ou des événements d’un événement (floatback) ;

➙si le patient ne parvient toujours pas à identifier un souvenir passé, le praticien est tenu d’insister en demandant au patient de se concentrer sur la Altération négative première fois qu’il a ressenti ces émotions et sensations (pont-affect) ;

➙Si aucun événement ne vient à l’esprit du patient, le praticien insiste encore  en explorant si des événements dans la famille d’origine peuvent expliquer la cognition négative.

Notons que certains auteurs vont même jusqu’à cibler des « empreintes précoces » qui apparaîtraient entre 0 et 3 ans (O’Shea, 2001) ! La raison pour laquelle les praticiens de l’EMDR recherchent ce souvenir le plus ancien est purement idéologique : les réseaux traumatiques seraient associés autour de l’événement traumatique le plus précoce et ses affects associés (Shapiro, 2007). Aucune étude ne valide ce postulat

Comment la recherche d’un souvenir source en EMDR peut-elle créer un faux souvenir ?

Si le thérapeute ne suggère pas explicitement un faux-souvenir comme un abus sexuel par exemple, et s’il ne prend pas de position sur la véracité du souvenir récupéré, comment la recherche d’un souvenir source en EMDR peut-être générer des faux-souvenirs ?

La première étape pour générer un faux-souvenir est de fournir des indices ou une informations erronées qui serait ensuite intégrée par erreur à un souvenir par ce que l’on nomme une erreur d’attribution de la source (Lentoor et al., 2023). Dans les stratégies de récupération de souvenir utilisées notamment en EMDR, même si le thérapeute ne dit rien explicitement, il communique un message à son patient : « il y a un souvenir lié à  vos symptômes que nous devons aller récupérer dans votre enfance. »  L’idée que le patient peut se faire de la nature de ce souvenir est probablement influencée par la culture populaire dans laquelle il vit et il perçoit certainement implicitement que ce n’est pas un souvenir neutre ou positif. Notons que plus le souvenir est ancien et flou, plus le risque d’erreur d’attribution de la source, et donc de faux-souvenir, est élevé (Loftus, 2005).

Dans un second temps, il est nécessaire de répéter l’exposition au souvenir pour le renforcer par un effet appelé «inflation de l’imagination ». L’inflation de l’imagination est un mécanisme psychologique documenté selon lequel la confiance dans l’existence d’un événement fictif augmente après que cet événement ait été imaginé (Thomas et al., 2003). Or, concrètement, il faut bien comprendre que dans l’EMDR de Shapiro, c’est ce souvenir récupéré qui va être traité. Et le patient va donc y être exposé pendant une dizaine de séances de 45 minutes à une heure.

Une fois que le faux-souvenir est installé, il a les mêmes propriétés qu’un vrai souvenir (McNally, 2004) et il est perçu comme tel par le patient. Même quand des expérimentateurs expliquent à des enfants qu’on leur a inculqué un faux-souvenir, près de 30% ne croient pas les expérimentateurs (Ceci, 2003, citée par Durand & Barlow, 2011). Un autre effet assez proche est celui de régression vers la croyance : quand on corrige une croyance erronée chez des adultes, 57% oublient la correction un mois plus tard (Swire-Thompson, 2023).

Peut-on pratiquer l’EMDR sans rechercher un souvenir source ?

Il est facile d’appliquer l’EMDR sans recourir à des techniques de récupération de souvenir et sans rechercher un souvenir source. Pour cela, il suffit de faire ce que font tous les traitements recommandés internationalement pour traiter le TSPT, que ce soit la CPT (Resick, Monson & Chard, 2017), l’exposition prolongée (Foa, Hembree & Rothbaum, 2007) ou la thérapie cognitive d’Ehlers & Clark (Ehlers, 2020) : il faut réaliser une histoire de vie des événements traumatiques du patient et cibler le plus perturbant actuellement.

En plus de limiter les risques de faux-souvenirs, c’est méthode sont beaucoup plus cohérentes dans la prise en charge du TSPT puisque celui-ci est est lié à des symptômes intrusifs associés à un événement encodé en mémoire épisodique accessible actuellement.

Que faire avec les patients qui veulent récupérer des souvenirs ?

On m’a déjà rétorqué que s’il y a un faux-souvenirs induit par les technique de récupération de souvenir, selon provient des conceptions du patient et que c’est donc sa responsabilité. C’est un argument dangereux car en tant que psychologues cliniciens, nous sommes confrontés à des patients en état de vulnérabilité et n’ayant pas les connaissances en psychologie clinique qui sont les nôtres. Nous ne pouvons en aucun cas leur faire porter la responsabilité de notre utilisation de technique pouvant induire des faux-souvenirs.

Il arrive que que certains patients demandent explicitement l’utilisation de techniques de récupération  de souvenirs. Mais cela ne retire à aucun moment la responsabilité du thérapeute face à l’utilisation de techniques de récupération de souvenir. De même qu’un médecin n’est pas dédouané de sa responsabilité lorsqu’un patient lui demande un médicament.

Zappala et al. (2022) ont montré qu’il existait une relation positive entre le fait d’adhérer à la croyance en la mémoire refoulée (qui a pris le nom d’amnésie traumatique) et le fait de suggérer aux clients qu’ils pourraient avoir des souvenirs traumatiques dont ils ne sont pas conscients. De plus, lorsqu’on a demandé à ces thérapeutes et stagiaires quelle thérapie était utile pour récupérer des souvenirs traumatiques, 78,6 % (n = 316) d’entre eux ont mentionné l’EMDR. Si on m’avait posé la question, j’aurais dit que « oui, il existe des amnésies traumatiques ». Et j’aurais ajouté que les souvenirs récupérés sont souvent vrais, comme les souvenirs récupérés d’abus sexuels (Coons, 1994). Le problème, c’est de suggérer au patient qu’il devrait avoir des souvenirs traumatiques inconscients puis de contribuer à une inflation de l’imagination.

J’ai proposé quelques astuce pour faire face aux demandes de récupération de souvenirs dans mon livre  « psychothérapie pour le trouble du stress post-traumatique » :

En savoir plus

« Lorsque les patients consultent pour un questionnement sur un souvenir auquel ils n’ont pas accès, nous recommandons de clarifier de façon approfondie et détaillée ce qui les amène à penser que l’événement a pu avoir lieu, depuis combien de temps est-ce qu’ils se posent la question de son existence et dans quel contexte cette question est-elle apparue. Dans le cas où le patient n’a aucun souvenir et n’a pas d’élément faisant sérieusement penser que cela a pu se produire, nous recommandons de simplement le rassurer sur le fait qu’il n’y a pas d’éléments cliniques indiquant un abus ou un viol. Par exemple, une dame nous a consulté parce qu’elle était en dépression depuis six mois et une amie se demandait si elle n’avait pas été abusée petite. Cette patiente n’avait jamais eu de suspicion et n’avait pas d’autres éléments que sa dépression pour émettre l’hypothèse de l’abus. Elle a directement été soulagée quand nous lui avons dit qu’il n’y avait pas d’élément clinique significatif indiquant que cela s’était produit. Dans d’autres cas, même s’il n’y a aucun souvenir, certains symptômes demandent une investigation clinique plus détaillée, sachant qu’il ne sera simplement pas possible de trancher. Par exemple, un patient se demandait s’il n’avait pas été abusé enfant. Il n’avait aucun souvenir d’un tel événement, mais gardait des images très vivaces de lui « seul dans la cour de l’école » ou « seul dans une gare » avec un sentiment de tristesse et de détresse. De plus, il avait des pensées comme « ma sexualité ne m’appartient pas ». Pendant l’acte sexuel, il lui arrivait très souvent de dissocier (aucun souvenir de l’acte). Il ressentait un besoin profond de savoir s’il avait été abusé petit, tout en ayant très peur de ce qu’il pourrait découvrir. Nous avons donc mené des entretiens plus détaillés et appro fondis. Le questionnement a émergé depuis un an suite à un accident de voiture qui l’a obligé à être en arrêt de travail plusieurs mois. Durant l’enfance, il y avait une négligence de la part des parents, ce qui produisait souvent de l’anxiété et de la détresse. Il avait subi une maltraitance physique et psychologique sévère de la part de son ex-compagnon. Cet ex-compagnon avait par ailleurs une sexualité « hors du commun », sans que le patient ne veuille rentrer dans les détails, et le patient ne parvenait pas toujours à mettre ses limites. Les fugues dissociatives sont courantes dans sa famille et le patient en fait l’expérience dans d’autres contextes que la sexualité. Tout en laissant la question de l’abus ouverte, nous avons donc pu mettre en évidence que les souvenirs de détresse dans la cour ou dans une gare pouvaient être liés à la négligence, l’impression que sa sexualité « ne lui appartenait pas » pouvait s’expliquer par sa difficulté à mettre des limites dans le cadre de sa sexualité alors qu’elle s’inscrivait dans une relation de violence physique et psychologique, ce qui pouvait être traumatisant et expliquer la dissociation. Le patient présentait d’ailleurs une PCL-5 de plus de 32 concernant la maltraitance du compagnon. C’est d’ailleurs sur cette cible que nous avons orienté la suite de la thérapie. Dans d’autres cas, le patient a des images explicites déjà présentes depuis longtemps, mais c’est seulement après des années qu’il parvient à mettre un mot sur ce qui s’est passé. Quand la déréalisation dissociative est présente, il peut avoir l’impression que ce n’est qu’un cauchemar qui s’est produit. Si les souvenirs sont présents depuis les événements et sans induction, il y a les éléments cliniques suffisants pour penser qu’il désigne un événement qui s’est bien produit. Il faudra prendre le temps d’accompagner le patient dans ses questions et les démarches qu’il envisage. Notons enfin que dans le cas où, suite à une induction lors d’une précédente thérapie, le patient est convaincu qu’un viol s’est produit, alors il n’y a plus un questionnement, mais un fait reconnu, et tout ce qui le remet en question pourrait être interprété comme un déni, ce qui produirait encore davantage de détresse chez la victime. Dès lors, le rôle du thérapeute sera d’accompagner, de soutenir et éventuellement de traiter le patient selon son nouveau souvenir encodé en mémoire autobiographique » (Psychothérapies pour le trouble du stress post-traumatique, Orban, 2022,p.64-65)

 

CONCLUSION

L’EMDR proposée par Shapiro peut-être un traitement efficace pour le TSPT, mais aussi un traitement dangereux s’il n’est pas appliqué avec un recul critique. Shapiro était une visionnaire il y a 30 ans. Mais la psychologie a beaucoup évolué depuis et il est normal qu’elle n’ait pas eu raison sur tout. Ce qui n’a pas de sens, c’est de reproduire ses recommandations sans recul critique 40 ans plus tard en ignorant tant leur danger, que les alternatives recommandées internationalement.

En tant que psychologues cliniciens, nous sommes confrontés régulièrement à des situations complexes qui nous demandent de poser des choix pondérés en tenant compte des données probantes, de l’éthique et de la relation de confiance avec notre patient. Cela ne signifie à aucun moment que nous faisons toujours les choix que nous voulons et que nous pouvons reporter notre responsabilité de professionnel sur le patient.

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SOURCES

Cornil, L. (2015). Formation de base en EMDR :
Partie 1. (Non publié)

Coons, P. M. (1994). Confirmation of childhood abuse in child and adolescent cases of multiple personality disorder and dissociative disorder not otherwise specified. The Journal of Nervous and Mental Disease, 182(8), 461-464. https://doi.org/10.1097/00005053-199408000-00007

Ehlers, A. (2020). Cognitive Therapy. Dans D. FORBES ET AL. (éd.), Effective Treatments for PTSD. Guidelines from the International Society for Traumatic Stress Studies (2e éd.), (p. 255-271). Guilford Press.

Foa, E. B., Hembree, E. A., & Rothbaum, B. O. (2007). Prolonged exposure therapy for PTSD: Emotional processing of traumatic experiences; therapist guide. Oxford University Press.

Lentoor, A. G. (2023). Cognitive and neural mechanisms underlying false memories: misinformation, distortion or erroneous configuration?. AIMS neuroscience, 10(3), 255–268. https://doi.org/10.3934/Neuroscience.2023020

Loftus, E. F. (2005). Planting misinformation in the human mind: a 30-year investigation of the malleability of memory. Learning & memory (Cold Spring Harbor, N.Y.), 12(4), 361–366. https://doi.org/10.1101/lm.94705

Orban, P. (2022). Psychothérapies pour le trouble du stress post-traumatique. Paris: Dunod.

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Otgaar, H., Howe, M. L., Patihis, L., Merckelbach, H., Lynn, S. J., Lilienfeld, S. O., & Loftus, E. F. (2019). The Return of the Repressed: The Persistent and Problematic Claims of Long-Forgotten Trauma. Perspectives on psychological science : a journal of the Association for Psychological Science, 14(6), 1072–1095. https://doi.org/10.1177/1745691619862306

Otgaar, H., & Houben, S. T. L. (2026). Nuances in the memory undermining effects of EMDR and imagery rescripting. Current Opinion in Psychology, 67, 102198. https://doi.org/10.1016/j.copsyc.2025.102198

RESICK, P. A., MONSON, C. M., & CHARD, K. M. (2017). Cognitive Processing Therapy for Ptsd. A Comprehensive Manual. Guilford.

SHAPIRO, F. (2007). Manuel d’EMDR: Principes, protocoles, procédures. Paris, Dunod Inter Éditions.

Thomas, A.K., Bulevich, J.B. & Loftus, E.F. (2003). Exploring the role of repetition and sensory elaboration in the imagination inflation effect. Memory & Cognition, 31, 630–640. https://doi.org/10.3758/BF03196103

Van Gijseghem, H. (2016, mars). La détection de faux souvenirs. Ordre des psychologues du Québec. https://www.ordrepsy.qc.ca/-/la-detection-de-faux-souvenirs

Zappalà, A., Mangiulli, I., Santtila, P., Loftus, E. F., & Otgaar, H. (2023). Beliefs and therapeutic practices related to traumatic memories among Italian cognitive behavioral therapists and trainees. Journal of Criminal Psychology, 14(1), 24–37. https://doi.org/10.1108/JCP-05-2023-0035

Pierre Orban

Psychologue Clinicien – Formateur FCPS